Business man climbing up stairs

L’entrepreneuriat n’a rien d’une science exacte. Comme je le dis souvent lors de mes conférences et ateliers : La seule certitude en entrepreneuriat, c’est que ça ne se passera pas comme vous l’aurez prévu!

Cela dit, il existe certaines bonnes pratiques en démarrage d’entreprise qui ont été validées à maintes reprises et dans différents contextes.

Puisque plusieurs entrepreneurs me demandent quels sont les facteurs de succès en démarrage d’entreprise, je vous propose ici une synthèse revue, corrigée et améliorée des meilleures pratiques dans le domaine. Voici donc cinq clés de succès en démarrage d’entreprise.

Modéliser d’abord, planifier ensuite

Une erreur classique en démarrage d’entreprise, c’est de se lancer dans la rédaction d’un plan d’affaires aussitôt que l’on a une idée d’entreprise. Bien que le plan d’affaires ait son utilité dans le processus de démarrage d’une entreprise, le fait de s’y lancer trop hâtivement met le projet à risque.

Le plan d’affaires permet de planifier les aspects opérationnels, marketing, technologiques et financiers de votre entreprise. Avant d’en arriver à ce passage obligé, il est impératif d’avoir préalablement clarifié son modèle d’affaires. C’est l’étape de la modélisation.

Le modèle d’affaires est le squelette de l’entreprise. Il est la structure de base autour de laquelle s’articulent les activités et les projets d’affaires de l’entreprise. Si cette structure de base est inadéquate, le projet d’affaires est en péril.

Pensez simplement à la charpente d’un bâtiment. Bien avant de penser à la plomberie ou à la finition, il faut dresser l’ossature du bâtiment. C’est cette ossature qui orientera tout le reste des travaux de construction.

Il existe différents outils pour modéliser son projet d’affaires. Je recommande toujours Mon Modèle d’affaires pour sa valeur pédagogique et sa gratuité. Cela dit, évitez de vous lancer seul dans un processus de modélisation. Faites-vous accompagner par un conseiller en démarrage d’entreprise.

Pour en savoir davantage sur les bénéfices du plan d’affaires dans une démarche de lancement d’entreprise, je vous invite à lire l’article Déclaration d’amour au plan d’affaires.

Cibler, cibler et encore cibler

Les entreprises qui connaissent le plus de succès lors de leur démarrage sont celles qui ont su identifier correctement leur client type. Trop d’entrepreneurs essaient de rejoindre tout le monde. Ça ne fonctionne pas! Jamais! En ciblant tout le monde, les entrepreneurs croient augmenter leurs chances de conclure des ventes. En réalité, c’est exactement l’inverse qui se produit.

Pour être efficace dans vos initiatives de marketing, il vous faut avoir un message clair qui parle réellement à un type de client spécifique. Ainsi, ce dernier se reconnaitra à travers ce message, mais également, à travers votre offre.

Conclure une vente est donc synonyme de communication ciblée. Chaque dollar investi dans le marketing sera bien plus efficace si vous ciblez un client précis. Alors, évitez d’essayer d’avoir tous les clients, car vous pourriez vous retrouver sans un seul.

Demander la charité

Vous connaissez le concept de love money? En entrepreneuriat, on parle de love money lorsque les proches d’un entrepreneur, le plus souvent les membres de sa famille, lui donnent de l’argent ou encore, lui accordent un prêt sans intérêt.

Dans ma pratique d’accompagnement, j’ai élargi le concept de love money à celui de ressources empathiques. Cela inclut toutes les formes d’aides, de soutien, de travaux ou encore de prêts d’équipements que vous pouvez obtenir de vos proches. Ces gens qui sont empathiques à votre projet d’affaires ont en leur possession de nombreuses ressources qui vous seront utiles. Ils seront plus qu’heureux de contribuer à votre projet en vous les prêtant ou encore, en vous donnant de leur temps.

J’ai vu d’innombrables entrepreneurs qui ont bénéficié du temps, des efforts et des connaissances de leurs proches. Bien au-delà de l’argent, toutes les ressources humaines ou matérielles utiles à votre projet doivent être mobilisées dès le départ. Ceux qui réussissent le mieux sont souvent passés par là.

Bâtir son fonds de roulement

Le fonds de roulement est l’oxygène de l’entreprise. Sans liquidités, l’entreprise devient tout simplement insolvable.

Trop d’entrepreneurs engagent des coûts sans pour autant se constituer la petite réserve de liquidités que constitue le fonds de roulement.

Le fonds de roulement est propre à chaque entreprise. Autrement dit, il faut le calculer pour chaque entreprise en fonction de différents postes au bilan. Par exemple, certaines entreprises auront des comptes clients et d’autres non. Cela dit, pour vous simplifier la vie, calculez simplement de 3 à 6 mois de frais fixes. Pour la plupart des entrepreneurs, ce calcul approximatif permet d’estimer correctement le fonds de roulement de leur entreprise. Mon but est de vous simplifier la vie et non pas vous donner un cours de comptabilité.

Retenez simplement que le fonds de roulement est un petit coussin de liquidités qui assure la bonne continuité des opérations de votre entreprise. Les entreprises qui réussissent le mieux ont un fonds de roulement pour soutenir leurs opérations courantes.

Écouter tous les conseils, mais n’en appliquer que quelques-uns

Puisque nous sommes à l’ère de l’entrepreneuriat, les conseillers, mentors, coachs et consultants pullulent. Malgré le fait que plusieurs offrent de bons conseils aux entrepreneurs, il reste que certains n’ont aucune espèce d’idée de la réalité entrepreneuriale. Ils surfent sur la vague entrepreneuriale pour vendre des services-conseils dont les fondements scientifiques et praxéologiques sont parfois douteux.

Malheureusement, il n’existe pas encore d’ordre professionnel pour les conseillers en démarrage d’entreprise. Il incombe donc aux entrepreneurs de faire la part des choses et de discerner les bons des mauvais conseils. Actuellement, je travaille à normaliser la profession de conseiller en démarrage d’entreprise pour faciliter la vie aux entrepreneurs. Cela dit, pour l’instant vous ne disposez d’aucune ressource de normalisation des expertises.

Toutefois, ne vous privez d’aucun conseil. Il a été démontré à plusieurs reprises que les nombreux points de vue sur un même projet font évoluer positivement la stratégie d’affaires des entrepreneurs. Il est donc primordial pour votre succès que vous gardiez l’oreille ouverte, tout en restant critique.

Revenir à l’essence même de l’opportunité d’affaires

Quel est le plus grand danger lorsqu’on se lance en affaires? Avez-vous une petite idée?

Le plus grand danger lors d’un démarrage d’entreprise est celui de la dispersion. Envahi par ses idées, ses projets et les nombreuses avenues de développement pour son entreprise, l’entrepreneur doit quotidiennement se ramener à l’essence de son projet d’affaires.

J’ai vu des entrepreneurs se lancer dans un processus d’acquisition d’une propriété, alors que ce n’était pas du tout essentiel pour leur projet d’affaires. J’ai également vu des entrepreneurs s’impliquer dans des projets qui les éloignaient de leur mission première et de leur clientèle type.

Au quotidien, il est très difficile de départager les projets, les initiatives ou les opportunités qui vous rapprochent de votre objectif final de celles qui vous en éloignent.

Pour aider les entrepreneurs à rester alignés avec l’essentiel de leur projet d’affaires, je fais souvent l’exercice des ressources-clés. L’exercice est fort simple. Face à une opportunité donnée, il y a trois questions à se poser : (1) Quel est le métier de mon entreprise? (2) De quelles ressources-clés mon entreprise a-t-elle besoin pour avoir du succès dans ce métier spécifique (expertise, légitimité, efficience, relation client, expérience, formation, etc.)? (3) En quoi cette opportunité spécifique aide-t-elle mon entreprise à acquérir ou maintenir ces ressources-clés? Si l’entrepreneur ne peut répondre à la troisième question, alors l’opportunité doit être laissée de côté. Cet exercice peut être répété chaque fois qu’une opportunité se présente pour savoir si elle doit être exploitée ou non.

Vous l’aurez compris, la dispersion est la peste en entrepreneuriat. Il faut à tout prix l’éviter. Les entreprises qui réussissent le mieux sont celles qui gardent le cap sur leur avantage distinctif et qui arrivent à aligner toutes leurs actions sur le maintien et le développement de cet avantage distinctif.

Cinq clés de succès… un titre accrocheur non?

Je viens de vous partager quelques facteurs de succès en entrepreneuriat. Ces éléments ont été validés par la recherche et la pratique. Elles proviennent notamment de mes observations cliniques.

Cela dit, n’oubliez jamais qu’il n’y a aucun absolu en entrepreneuriat. Ceux qui s’abreuvent de certitudes trouveront aisément leur place dans un laboratoire de chimie. À dose égale de solvant, deux solutés réagiront exactement de la même façon. En ce qui me concerne, je ne donne pas dans la science pure, je donne dans l’entrepreneuriat.

En entrepreneuriat, rien n’est moins certain que le succès et rien n’est moins probable que l’échec. C’est à force d’erreurs et d’échecs que l’entrepreneur bâtit son entreprise et gagne la course à la profitabilité.

Ceux qui me lisent depuis les deux dernières années le savent, je ne suis pas un absolutiste. Les solutions miracles n’existent pas. Prenez donc ces cinq clés de succès comme des pistes de réflexion sur vous et sur votre projet. Ensuite, faites un premier pas avec confiance et en restant critique. Vous êtes le gestionnaire de votre entreprise.

Pour toute question dans vos démarches, Futurpreneur Canada est là pour vous appuyer. Des questions? Des hésitations? N’hésitez pas!

Sur ce, je vous souhaite un bon succès dans votre projet! Au plaisir de vous accompagner!

Écrit par: Jean-Philippe L’Écuyer, Entrepreneur en résidence à Futurpreneur Canada