Alors, vous voilà en affaires! Comment ça se passe jusqu’à présent? Est-ce que la performance de votre jeune entreprise est à la hauteur de vos attentes?

Que vous soyez pleinement, un peu ou pas du tout satisfait de sa performance, il est inévitable que vous cherchiez un jour ou l’autre à l’améliorer. Ce jour venu, vous serez alors enseveli sous les conseils-minute sur le sujet. Le Web en regorge, car l’amélioration de la performance des PME est une réelle obsession.

Parmi cet éventail de conseils, vous tomberez inévitablement sur celui de créer votre propre comité consultatif. On vante de plus en plus les bienfaits d’un tel comité pour une PME.

Comité consultatif, ça sonne complexe et laborieux, non? C’est pour cette raison que beaucoup d’entrepreneurs sont réticents à faire le saut. Ils redoutent les efforts et le temps nécessaires à la mise en place d’un tel comité.

Pourtant, les comités consultatifs sont des outils accessibles et flexibles qui ont réellement fait leurs preuves. Malgré cela, moins de 6 % des PME canadiennes en ont un, car le concept reste encore nébuleux pour beaucoup d’entrepreneurs.

Un comité consultatif c’est quoi?

Un comité consultatif est tout simplement un groupe multidisciplinaire d’experts qui se réunit pour éclairer l’entrepreneur sur différents sujets. Les rencontres se font à une fréquence mensuelle ou trimestrielle et les experts ne sont pas rémunérés, dans la grande majorité des cas. Ils aident bénévolement l’entrepreneur, car ils ont son succès à cœur.

L’entrepreneur a donc accès à un groupe d’experts qui traitera des sujets stratégiques de son entreprise afin de l’éclairer dans ses décisions. Le comité consultatif n’est donc pas un service de consultation gratuit, mais plutôt un groupe de réflexion stratégique. L’entrepreneur a alors des orientations plus claires pour développer son entreprise.

Un comité consultatif, est-ce que c’est vraiment efficace?

Réponse rapide : oui!

Plusieurs études ont démontré que les comités consultatifs amélioraient la performance des PME. À court terme, ils font en général doubler la productivité de l’entreprise. Par la suite, l’entreprise ayant un comité consultatif sera en moyenne 18 % plus productive que les autres. Par ailleurs, les PME ayant un comité consultatif ont généralement des ventes 24 % plus élevées. C’est considérable!

En rafale, les comités consultatifs ont également un impact positif sur le taux de survie des entreprises, leur niveau d’innovation, leur profitabilité et leur gestion des risques opérationnels.

Ces données justifient à elles seules l’implantation d’un comité consultatif. Cela dit, on note un autre bénéfice encore bien plus important : les entreprises qui ont un comité consultatif sont plus susceptibles d’engager des projets de croissance et de restructuration. Puisqu’une PME évolue et se développe à travers de tels projets, on peut réellement affirmer qu’il s’agit là du bénéfice suprême issu des comités consultatifs. L’entreprise peut alors convoiter de nouveaux marchés ou encore, envisager un pivot dans son modèle d’affaires.

 

Puisque de tels projets impliquent une réflexion stratégique approfondie, ils sont difficiles à mettre sur pied pour un entrepreneur qui dirige son entreprise en vase clos. Or, lorsqu’un comité consultatif est en place, ce type de réflexion stratégique devient chose courante, laissant ainsi place à des projets d’expansion et de restructuration de l’entreprise.

La puissance de la remise en question

Une étude a démontré qu’un des bénéfices des comités consultatifs était d’aider l’entrepreneur à se remettre en question. Le simple fait de préparer les rencontres du comité le force à prendre un temps d’arrêt et à mettre sur la table tous les défis auxquels fait face son entreprise[1].

À travers cette préparation des comités, l’entrepreneur apprend alors à se poser les bonnes questions et à définir lui-même les orientations de son entreprise. Ce bénéfice est important, car il autonomise l’entrepreneur au niveau stratégique. L’entrepreneur y apprend à réfléchir plus stratégiquement son entreprise et il prend alors de meilleures décisions d’affaires.

Par où commencer pour créer mon comité consultatif?

Il est fort probable que ces données vous donnent envie de mettre sur pied votre propre comité consultatif. C’est normal. Cela dit, évitez de précipiter les choses. Il s’agit d’une démarche qui prend du temps et qui demande un certain travail en amont et également, en aval.

Vous devez savoir que la plupart des comités consultatifs se forment à partir du réseau personnel de l’entrepreneur. Les contacts personnels de l’entrepreneur lui permettent de dénicher les experts qui siègeront à son comité. Donc, ne cherchez pas trop loin. Cela dit, dans de rares cas, les membres seront recrutés en dehors du réseau de l’entrepreneur par l’entremise de services professionnels ou encore, de la publicité (8 % des cas).

Si vous souhaitez aller de l’avant avec la création de votre comité consultatif, la première étape sera de dresser la liste des besoins stratégiques de votre entreprise. En des termes plus simples, demandez-vous de quelles expertises vous avez besoin. Quels sont les domaines de compétence avec lesquels vous êtes le moins à l’aise? La vente? Les décisions financières? Également, demandez-vous quels sont les milieux avec lesquels vous êtes le moins familiarisé, mais que vous devriez mieux connaître pour développer votre entreprise. Est-ce le milieu financier? Est-ce le milieu caritatif? Ensuite, demandez-vous qui pourrait vous aider à ce niveau dans votre réseau rapproché. Si vous ne voyez personne dans votre réseau immédiat, demandez-vous qui pourrait vous mettre en contact avec les bonnes personnes. L’ami d’un ami est toujours la personne que l’on cherche, que ce soit pour un contrat de peinture ou pour un comité consultatif!

Sur ce, je vous souhaite une belle aventure avec votre nouveau comité consultatif. Vous en constaterez rapidement les bénéfices!

Une ressource pour les curieux : Les comités consultatifs : Un atout incontestable pour les PME canadiennes, étude BDC, mars 2014

Rédigé par : Jean-Philippe L’Écuyer, entrepreneur en résidence, Futurpreneur Canada

[1] Christia, Chapdelaine & Filion, 2010, HEC Montréal.