Jean-Philippe L’Écuyer

Le 8 janvier dernier, je partais en France pour une mission entrepreneuriale de dix jours avec un groupe d’étudiants du CÉGEP de Saint-Jérôme, accompagnés de leur enseignant, monsieur Pierre Savard.

Ces étudiants avaient préalablement démontré un intérêt marqué pour l’entrepreneuriat. Ainsi, ils s’étaient engagés dans la mission afin d’en apprendre davantage sur le métier d’entrepreneur, tout en découvrant l’écosystème entrepreneurial français.

En tant que coach en démarrage d’entreprise et accompagnateur du groupe, j’ai eu trois rôles à jouer lors de cette mission : contribuer à l’élaboration du parcours de notre délégation, animer les discussions avec les différents intervenants rencontrés et répondre aux interrogations des étudiants en matière d’entrepreneuriat.

Cette expérience a été des plus riches pour les étudiants, comme pour moi-même. Dans ce billet, je vous partage les éléments marquants de ce parcours unique qui nous a conduits au cœur de l’entrepreneuriat français.

Un parcours chargé

Le 9 janvier dernier, après un vol de 7h au départ de Toronto, nous sommes atterris à l’Aéroport Charles de Gaulle à 10h, heure locale de Paris. Notre jeune cohorte allait devoir rapidement encaisser un décalage de 6h, car le parcours qui l’attendait durant les prochains jours était des plus chargés.

Quatre trajets en TGV, une dizaine de trajets en tramways et plus d’une trentaine de trajets en métro allaient permettre aux étudiants de la cohorte de découvrir les écosystèmes entrepreneuriaux parisien, nantais et lillois. Les prochains jours allaient être éprouvants, mais ô combien stimulants !

Un accueil qui fait chaud au cœur

Nous avons eu la chance de rencontrer les gens de Moovjee, Incubaschool, Beleev, Positive Planet, Station F, EuraTechnologies, Novapuls, Le Village by CA, Pépite France, Enactus France et la Délégation Générale du Québec à Paris. À chacune de ces rencontres, notre délégation a eu droit à un accueil exceptionnel de la part des intervenants. Les étudiants ont pu bénéficier de l’expérience, de l’expertise et du réseau de chacun d’entre eux.

J’ai été profondément touché de réaliser à quel point les Canadiens sont appréciés des Français. Il semble que nous ayons une connexion toute naturelle avec nos homologues Français. Pour avoir personnellement entretenu différents liens à l’international, je vous dirais que la relation canado-française est particulièrement empreinte de chaleur et d’enthousiasme mutuel. Les étudiants l’ont remarqué et ils l’ont apprécié.

Des découvertes intéressantes

Lors de notre parcours, nous avons bien entendu constaté quelques différences entre notre univers entrepreneurial et celui des Français. Voici ce qui en ressort.

D’abord, nous avons observé que nos homologues Français jouissent d’un accès facilité aux prestations de chômage pour lancer leur entreprise. Bien que nous ayons une mesure semblable au Québec, soit la mesure STA, il semble que le programme français soit moins restrictif au niveau des industries, plus généreux sur la durée et plus flexible au niveau des modalités. À titre d’exemple, les Français ont la possibilité de capitaliser une portion de leurs prestations afin de les investir dans leur entreprise en démarrage. Voilà une mesure qui facilite grandement le démarrage d’une entreprise.

Également, nous avons constaté que l’entrepreneuriat étudiant était un peu plus développé en France. Par exemple, l’existence d’un statut national d’étudiant-entrepreneur facilite la vie à beaucoup d’étudiants qui souhaitent se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Par ailleurs, des organisations telles Pépite France offrent des programmes spécialisés pour les étudiants qui souhaitent entreprendre.

Le maillage entre les grandes entreprises et les entrepreneurs est également une force distinctive de l’écosystème entrepreneurial Français. Les entreprises sont bien conscientes du potentiel des entrepreneurs en matière d’innovation. Ainsi, elles collaborent avec eux de différentes façons, ce qui bénéficie aux deux partis.

Une expérience unique  

Cette mission entrepreneuriale a été intense, mais tellement riche ! Autant les étudiants que les accompagnateurs en ont tiré des apprentissages. Le parcours unique de notre délégation nous a permis de découvrir la France entrepreneuriale et d’y développer des relations durables.

On dit qu’on ne revient jamais vraiment d’un voyage. Ainsi, cette mission entrepreneuriale nous a laissé quelque part entre chez nous et cet ailleurs inspirant. Elle nous a laissé quelque part, sur un bout de terre du continent des possibles, où les avancées de l’Autre nourrissent nos propres ambitions.

Rédigé par: Jean-Philippe Écuyer, entrepreneur-en-résidence, Futurpreneur Canada