Jocelyne est passionnée d’animaux depuis l’enfance. Petite, elle se projetait dans une vie d’adulte à la campagne, entourée de bêtes; et ce, malgré les nombreuses allergies semblant s’obstiner à contrarier cette ambition.

Ayant renoncé à poursuivre des études de vétérinaire, elle expérimente plusieurs voies professionnelles dans des secteurs aussi variés que la vente, l’imprimerie, la photographie ou l’accompagnement d`enfants non-voyants au sein d’une structure spécialisée. Autant d’aventures humaines qui lui permettent de mieux se connaitre et de gagner en estime de soi.

En août 2001, elle apprend qu’elle souffre de la maladie de Crohn – une pathologie inflammatoire chronique du système digestif qui évolue par poussées et phases de rémission et occasionne de nombreuses douleurs ainsi qu’une grande fatigue. Elle vit une première année de cohabitation avec la maladie particulièrement difficile; puis connaît une phase de rémission (qui perdure depuis maintenant 8 ans).

C’est à cette époque qu’elle décide de quitter son emploi de gérante d`un commerce de détail pour prendre soin d`elle. Une parenthèse qu`elle met à profit pour  réfléchir à ses aspirations profondes et édifier un projet personnel.

« Je me suis dit : j’aime les animaux, j`aime les gens, que pourrais-je faire avec cela? Je voulais avoir une entreprise avec des animaux, pouvoir en tirer un revenu mais sans avoir à abattre mes bêtes ».

Son intérêt se dirige vers l`alpaga, joli petit animal qu’elle connaissait peu jusque-là.

Credit photo : Guy Samson

« J’ai beaucoup lu et appris à son sujet. J`ai découvert qu’il était peu demandant, calme, doux, craintif mais curieux et qu`il était possible de l`entrainer un peu comme un chien. Par ailleurs, j’ai constaté que  l’élevage d’alpagas pouvait se faire dans le respect des animaux. On les tond simplement  une fois par an pour fabriquer des produits textiles à partir de leur fibre (…). De toute évidence, c’est l’animal qui me correspondait le plus. »

Jocelyne s’engage alors dans plusieurs formations, notamment en comportement animal et en lancement d’entreprise. En parallèle, elle rencontre des éleveurs, travaille avec eux pour se familiariser avec le milieu et s’assurer que la réalité de l’élevage lui convient.

Forte de ces apprentissages, elle décide de se lancer.  Elle apprend qu’un éleveur de Saint-Félix-de-Kingsey, dans le Centre-du-Québec, vend sa ferme.  L’endroit répond à ses attentes et à celles de Benoit, son conjoint. L’achat est conclu en un mois. La ferme Alpagas de Camily voit le jour, avec en ligne de mire, la vente de produits issus de l’alpaga et le développement de la zoothérapie- une approche d’aide aux personnes  par la médiation de l’animal.

Leur premier défi?  Se faire connaître. Jocelyne et son compagnon envisagent les opportunités dans la région. Ils parcourent le territoire, laissent des pamphlets dans les boutiques, participent à des marchés et des salons artisanaux. Ils se rapprochent par ailleurs des centres touristiques (tourisme Drummond et tourisme Centre-du-Québec) afin de développer une activité d’agrotourisme.

Pour Jocelyne, qui travaille à temps plein à la ferme, être entrepreneure signifie être le point fort de l’entreprise et ne pas compter les heures.

« Il faut être déterminé car les difficultés ne manquent pas de se présenter. » À commencer par la recherche de financement.  « Au départ, on partait de zéro.  Nous avons dû faire un prêt personnel pour acheter nos premiers alpagas ainsi que des produits à vendre en ligne, avant le lancement de notre propre production. (…) L’emprunt pour l’achat de la ferme a été compliqué. Il n’a été possible que parce Benoit et moi travaillions tous les deux et que nous avons bénéficié de soutien familial. (…) Le prêt Futurpreneur nous a servi pour la création d’une boutique physique, à l’intérieur de la ferme. L’accompagnement dont nous avons bénéficié au sein de l’organisme nous a permis d’aller avec succès jusqu’au bout du processus, ce qui n’est pas évident lorsqu’on débute en entrepreneuriat. »

Les autres défis? Composer avec Dame nature! Les hivers parfois difficiles, l’enclavement de la ferme, éloignée des axes autoroutiers, rendent ardu le maintien d’une activité à l’année.

« C’est pourquoi, outre la boutique en ligne, j’ai décidé de mettre en place des ateliers de savon feutré; une artisane de la région fabrique les savons que l`on feutre avec la fibre de mes alpagas. Cela ouvre une porte pour les gens qui veulent se déplacer et rester au chaud! »

Le positionnement clair, authentique de Jocelyne fait toute la singularité de son entreprise.

« Ici, on travaille dans le respect des animaux  et de l’environnement (…). La ferme compte à l’heure actuelle neuf alpagas et un lama mais aussi des poules, des  canards, des lapins et deux chiens. Tous vivent en liberté et se nourrissent d’aliments naturels (…). Pour les séances de zoothérapie,  je choisis l’animal capable de faire ce travail,  je m’assure toujours qu’il soit prêt et je ne laisse entrer qu’un seul client à la fois dans l’enclos. Par ailleurs, nous n’utilisons aucun produit chimique, ni pour les animaux, ni pour le nettoyage des installations et nos produits textiles ne font pas l’objet de teinture. »

Quatre années après leur lancement, Jocelyne et son conjoint ressentent le besoin de restructurer l’entreprise afin de se focaliser sur ce qui fonctionne et éviter de gaspiller de l’énergie.

« Mon but est de conserver ma passion. Pour cela, j`ai besoin de me concentrer sur ce qui me stimule le plus. » Elle compte ainsi développer davantage la zoothérapie avec ses alpagas, ses lapins et son chien  puis, offrir ce service à de nouvelles clientèles, notamment  les personnes atteintes de maladies auto-immunes et les employés d’entreprises.

Une évolution exprimée à travers le choix d’un nouveau nom pour la ferme : Alpagas de Camily Zoothérapie.

Quand on lui demande quelle est sa plus belle réalisation à ce jour, Jocelyne  répond sans hésitation : « Notre parcours! Le fait d’être parvenu au point où nous sommes aujourd’hui (…). Le plus important selon moi est de ne jamais lâcher, regarder devant,  et surtout  garder sa passion! Si tu la perds, c’est que tu n’es pas à la bonne place. »

Une belle leçon de vie…

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