Francis Bélime figure parmi nos plus fidèles mentors. C’est auprès de Futurpreneur qu’il débute, en 2007, l’aventure du mentorat. Une collaboration qui perdure et trouve aujourd’hui une nouvelle expression à travers son accompagnement de l’équipe de Medscint (voir notre article).

Francis, ingénieur de formation, a débuté sa carrière en France, d’où il est originaire, dans les secteurs de la vente et du marketing, au sein d’entreprises tournées vers l’international.

Il y a 20 ans, il décide d’immigrer au Québec pour lancer une entreprise spécialisée dans l’Internet naissant, puis en 2003, crée AKOVA, une entreprise de conseil qui développe des stratégies d’affaires pour les entreprises à différents stades de leur croissance.

Sa découverte du mentorat s’est faite de manière fortuite, par l’intermédiaire d’un entrepreneur lui-même mentor. « Cela m’a immédiatement intéressé parce que je considérais que cela aurait pu être d’une grande utilité à la création de ma première entreprise et parce que je sentais que j’avais la vocation de partager mon expérience. »

Francis envisage le mentorat avec simplicité et humanité : « Je considère que c’est avant tout aider les entrepreneurs à s’autoriser une pause. Le mentor joue un peu le rôle de miroir. Ce qui signifie être à l’écoute, ne pas juger. Le mentorat est d’abord une relation humaine entre deux personnes qui doivent cohabiter et se faire confiance. On accompagne l’entrepreneur dans son cheminement, dans ses interrogations voire, dans son processus décisionnel. Ce qui nous nourrit dans le mentorat c’est de constater qu’on fait avancer les choses (…) Très souvent, quand on débute en mentorat, la première question que l’on se pose est : est-ce que je serai un bon mentor? Cela, on l’apprend par l’expérience et on s’améliore au fil du temps. »

Sa vision de la relation de mentorat est tout aussi simple : « Le bon jumelage, c’est la clé du mentorat. Il faut une connexion humaine, dès le départ. A chaque première rencontre, je me pose la question et je la pose également à l’entrepreneur : a-t-on envie de cheminer ensemble ? »

D’un point de vue méthodologique, son approche très intuitive s’est structurée au travers de formations. « Quand on a envie d’aider, que l’on peut ressentir ce que l’entrepreneur vit, on est capable de le comprendre et de le soutenir. La formation des mentors est essentielle. Elle offre une boite à outils pour circonscrire notre rôle et bien accompagner les entrepreneurs. Le mentorat ne s’improvise pas. »

Le parcours de Francis est riche d’expériences auprès d’entrepreneurs aux secteurs d’activités et niveaux d’avancement variés.

L’accompagnement d’une entreprise en démarrage est selon lui singulier. « D’un côté, il peut paraitre aisé car l’entrepreneur est au début de tous les défis. L’apport du mentor est souvent perçu comme plus important en situation de démarrage. En outre, à ce stade, l’entrepreneur n’est pas encore façonné ; il a, de ce fait une plus grande ouverture par rapport à l’accompagnement. D’un autre côté, l’importance des défis impose de structurer l’approche de mentorat. Comme ce n’est pas un accompagnement au quotidien, il faut être capable d’identifier les bonnes priorités. »

Depuis quelques mois, Francis accompagne les associés de la jeune entreprise Medscint qui commercialise une technologie optique améliorant la qualité et la sécurité des traitements par radiothérapie. « La relation est passionnante car les trois associés, professionnels déjà expérimentés dans leurs domaines, sont très à l’écoute. Ils ont compris qu’ils avaient intérêt à tirer profit de toutes les formes de soutien. Nous nous voyons à intervalles réguliers. Le cheminement se fait très naturellement. »

A la question de savoir si la nature de leur entreprise influence son approche de mentor, il répond clairement : « Le mentorat porte moins sur l’entreprise que sur l’entrepreneur lui-même, c’est lui qu’on accompagne. Medscint est une entreprise innovante à vocation internationale, c’est donc intéressant pour moi compte tenu de mon expérience dans ces deux domaines. Cependant, cela ne me semble pas essentiel. Pour être un bon mentor, il n’est pas nécessaire d’être un expert du secteur d’activité du mentoré. Ce qu’on a appris d’un secteur peut très bien être transposé  intelligemment à un autre. Un regard extérieur est toujours utile. »

Il nuance cependant : « Le grand défi de ce type d’entreprise est de trouver un premier segment de marché porteur dans lequel l’innovation apporte la plus forte valeur ajoutée. Très souvent, les entreprises en démarrage ont le tort de vouloir saisir toutes les opportunités à la fois. En tant que mentor, on vient alors questionner les entrepreneurs sur leur positionnement. On les amène à se concentrer sur ce premier segment puis, dans un second temps, à élargir le marché en s’appuyant sur l’expérience acquise. »

Si, pour l’heure, mentor et mentorés sont pleinement satisfaits de leur collaboration, Francis garde à l’esprit que toute relation de mentorat est amenée à évoluer selon les besoins de l’entrepreneur. « Si on est au bout du parcours d’accompagnement, il ne faut pas hésiter à passer la main. Par rapport à Medscint, je ne sais pas si dans un, deux, trois ans, je répondrai toujours à leurs besoins, mais il est certain que je leur poserai la question régulièrement! »

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