Il y a 4 ans, Pierre Luc Thivierge créait Collab Machine – un collectif de talents numériques -travailleurs autonomes – et de client-e-s mis en relation via une plateforme Web. Retour sur l’histoire d’un projet novateur qui place la confiance au cœur de son fonctionnement.

Collab Machine est le fruit du long murissement d’une idée née 20 ans auparavant, alors que Pierre-Luc, son fondateur, travaillait dans le domaine de la coopération internationale, en Équateur et en Afrique de l’Ouest.

« A l’occasion de ces voyages, j’ai côtoyé différentes manières de travailler et des formes variées de rapport au travail. J’avais l’intuition qu’il y avait quelque chose à tirer de ces enseignements pour aller vers davantage de collaboration. »

La concrétisation de cette intuition, prendra du temps. Pierre-Luc s’est d’abord, réorienté professionnellement, quittant le génie industriel pour la programmation informatique. En 2009, il lance sa propre agence de développement Web en freelance, Rooster Motion, d’abord à temps partiel puis à temps plein. Ce n’est qu’en 2016, son entreprise stabilisée, qu’il décide de consacrer son temps libre à la mise en forme de ce projet qui lui tient à cœur depuis si longtemps : Collab Machine.

Dans un premier temps, Collab Machine se résumait à la personne et aux compétences de Pierre-Luc. Avant de pouvoir mettre en place le collectif, puis la plateforme d’échanges, il lui a fallu déployer beaucoup d’efforts pour construire son concept, le circonscrire, le partager et susciter une émulation autour de lui. Il a d’abord essuyé l’incompréhension de beaucoup, procédé par essais et erreurs avant que les choses s’installent.

En 2017, il décide de se consacrer à temps plein à ce projet. Un an plus tard, il bénéficie du programme de démarrage offert par Futurpreneur en partenariat avec la BDC. Le prêt de 45 000 $ qu’il reçoit lui permet de mettre en place une plateforme Web et de lui donner une publicité. Son mentor Alain Marchildon l’aide à cheminer dans son projet.

Dès le départ, le développement de Collab Machine est passé par le bouche-à-oreille. Un procédé privilégié par Pierre Luc qui tient à travailler dans un espace où la confiance domine. « Tout le projet Collab Machine repose sur la confiance.  C’est comme si j’avais fait une découverte formidable lorsque j’ai compris que la confiance était au milieu de tout – dans les affaires comme dans la vie privée. On a souvent tendance à l’oublier au profit d’une logique purement financière (…) J’ai décidé d’en faire la pierre angulaire de mon projet. »

Collab Machine  fonctionne sur une base sélective. Les personnes, client-e-s ou expert-e-s peuvent soumettre  leur projet ou leur profil en ligne et, si ils-elles sont sélectionné-es, sont contacté-e-s pour entrer dans la communauté et, le cas échéant, bâtir leur projet en son sein. De la mise en relation à la facturation, tout le processus a lieu dans le cadre de Collab Machine.

« L’idée est de construire une communauté solide. Même après 4 ans, on avance doucement, en terrain connu et avec une clientèle qui se fidélise progressivement. Cette approche me semble plus payante à long terme qu’une stratégie marketing agressive pour aller chercher des ventes à tout prix. »

Avant tout, Pierre-Luc envisage Collab Machine comme une entreprise collective : il en est le président mais pas le seul actionnaire et l’ensemble fonctionne grâce à la communauté qui se créé et grandit.

Aujourd’hui, Collab Machine compte plus de 375 membres. Le collectif accueille des profils variés, entrepreneur-e-s en freelance, à temps partiel ou à temps plein, client-e-s, et d’autres acteur-rice-s qui gravitent autour du projet pour faciliter son fonctionnement (par le référencement de personnes ou la délivrance de conseils notamment). L’offre s’est elle aussi élargie. Au-delà des services numériques, d’autres champs de compétences, complémentaires, sont venus se greffer au projet : vidéo, photo, traduction, marketing, gestion d’image de marque, comptabilité.

Pierre-Luc constate que la crise de la Covid 19, en bouleversant nos manières de travailler et de communiquer, conforte la pertinence de son approche.  « A travers Collab Machine, de manière décentralisée, on peut travailler depuis la maison, avoir un mode de vie et un rapport au travail différents mais aussi accéder à un certain nombre de services de manière plus fluide et efficace, selon un mode collaboratif.  Il y a encore peu de temps, on pensait que cette manière de voir les choses était irréaliste. Or, nous y sommes aujourd’hui. Cela signe une évolution de nos mentalités. La crise constitue sur ce point à la fois un catalyseur et un formidable accélérateur. »

Et Pierre-Luc voit plus loin : « A l’heure actuelle, Collab Machine est une cellule montréalaise, limitée au secteur du numérique. Dans un futur rapproché, on peut imaginer développer des cellules à l’étranger, en Équateur, en Espagne, au Maroc… et faire collaborer des gens du monde entier!

(…)  Il y a plus en plus de possibilités pour l’entrepreneuriat aujourd’hui. Le plus compliqué est de savoir tirer son épingle du jeu, connaitre la valeur de son travail et choisir les meilleures opportunités. »

Collab Machine est ainsi un projet en perpétuel mouvement qui avance au rythme des acteurs-rices qui le nourrissent.

« Je suis encore bien loin de la concrétisation parfaite de mon concept mais le parcours pour y parvenir est passionnant! »

Belle longue route à Collab Machine!

 

 

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