Écoutez notre nouveau podcast, Startup + Prosper ! Notre podcast se concentre sur les éléments clés de l’entrepreneuriat tout en mettant l’accent sur l’état actuel de l’entrepreneuriat noir au Canada. Chaque épisode a pour but d’inspirer et d’éduquer les auditeurs sur les entreprises appartenant à des Noirs et leur réalité, tout en donnant un aperçu des objectifs de Futurpreneur en matière de croissance, d’apprentissage et de lutte contre les disparités auxquelles est confrontée la communauté entrepreneuriale noire. Lisez leurs histoires, écoutez et abonnez-vous à notre podcast, Startup + Prosper:

E04: Revendiquer sa place avec Alfred Burgesson

Alfred Burgesson n’a pas toujours eu le sentiment d’être à sa place. À l’âge de six ans, il a quitté le Ghana avec sa famille pour s’installer au Canada : « J’ai déménagé à Port Hawkesbury, en Nouvelle-Écosse, une ville de 4 000 habitants qui n’était pas très diversifiée », se souvient-il.

Déjà à l’époque, l’expérience suscite un certain nombre d’interrogations. « J’ai l’impression que depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours été à la recherche d’une communauté, de mes semblables, à qui je puisse m’identifier », témoigne l’entrepreneur.

Trouver ses semblables 

Plusieurs décennies plus tard, Alfred n’a pas seulement investi la place qui lui était due, il s’est assuré d’emmener avec lui tous ceux qui lui ressemblaient, ainsi que leurs talents. En 2020, il met sur pied Tribe Network, un réseau qui met en relation les entrepreneurs et porteurs d’innovations noirs, autochtones et de couleur avec leurs homologues et de nouvelles opportunités. « Tribe Network est né de mon expérience personnelle et de celles qu’on rapportées d’autres entrepreneurs. L’organisation a pour objectif de devenir le centre d’entrepreneuriat BIPOC du Canada », nous dit-il.

Burgesson s’est initié très tôt à l’entrepreneuriat grâce à Junior Achievement, un programme parascolaire où les étudiants se réunissent avec leurs camarades pour créer une entreprise. « J’avais un noyau de personnes avec lesquelles je travaillais et, ensemble, nous prenions de la place », explique le fondateur.« L’entrepreneuriat consiste à trouver des personnes qui partagent les mêmes idées et qui s’intéressent au problème que l’on cherche à résoudre. Et ensemble, on peut prendre de la place et créer une communauté », dit-il, au sujet de cette perspective qui l’anime.

Désormais, Tribe Network offre un espace où les entrepreneurs peuvent également se soutenir mutuellement, un élément crucial aux yeux du fondateur. « Si je suis confronté à un problème, lorsque je parle à un entrepreneur qui a déjà été confronté à ce problème, il est capable de me partager son point de vue sur la façon dont je peux résoudre ce problème. Je pense donc qu’il est très important que les entrepreneurs s’entourent d’une communauté dont ils font partie », affirme l’entrepreneur.

L’idée du réseau a germé à l’été 2020, au cours de discussions entre Alfred et sa sœur, qui est elle-même entrepreneure. Son objectif était d’aider à renforcer les capacités des entrepreneurs et intrapreneurs, et de centraliser ces informations. « Le noyau de notre conversation était de voir comment offrir aux entrepreneurs noirs une plateforme où ils peuvent vendre leurs produits et services au monde entier. Comment pouvons-nous créer cette communauté où ils peuvent tisser des liens et apprendre les uns des autres ? Comment créer un sentiment d’appartenance et de communauté pendant le COVID et le confinement ? ».

Le coaching, les conseils et le mentorat sont d’excellents moyens de bénéficier d’un soutien, et sont accessibles par l’intermédiaire de Tribe. « Je vous encourage à identifier les personnes qui peuvent soutenir votre parcours d’entrepreneur. Le plus important, c’est qu’ils croient au problème que vous essayez de résoudre et qu’ils croient en vous », déclare M. Burgesson.

La portée des données

Avant de lancer sa dernière entreprise, Alfred Burgesson, ancien membre du Conseil jeunesse du Premier ministre, a été coprésident du tout premier Rapport sur l’état de la jeunesse du Canada.

Il a également été chef de projet au sein du Groupe sénatorial afro-canadien et du bureau du sénateur Colin Deakin, un projet visant à examiner en profondeur les lacunes auxquelles sont confrontés les entrepreneurs Noirs au Canada. Il a ainsi eu l’occasion d’étudier le problème sur lequel il se penchait initialement, recueillant des informations sur l’état actuel de l’entrepreneuriat des communautés noires. « Les données que nous avons collectées ont permis de faire la lumière sur la situation des entrepreneurs noirs », déclare le fondateur.

Les renseignements et les chiffres qui ont trait aux communautés BIPOC sont historiquement absents et insuffisamment documentés. « Heureusement ou malheureusement, je pense que nous évoluons dans une société et un système qui nécessitent souvent des données pour éclairer les décisions », estime M. Burgesson. Et les données sont synonymes de preuves. La réalisation de ces sondages a également permis aux entrepreneurs noirs de partager leurs expériences et de faire part de leurs préoccupations aux gouvernements.

« Grâce à mon travail avec le Sénat, j’ai réalisé qu’il y avait des lacunes dans l’écosystème de l’entrepreneuriat et de l’innovation. Et ces lacunes étaient liées au fait que les entrepreneurs ne sont pas des personnes, et que ceux qui le sont n’ont pas de moyen d’entrer en contact les uns avec les autres à travers le pays », explique M. Burgesson. Par ailleurs, il affirme que ses collègues BIPOC n’étaient pas mis en contact avec des accélérateurs ou des incubateurs, ce à quoi il s’est attelé.

Il s’avère que ces programmes doivent également être plus représentatifs de la population. « S’ils veulent accueillir plus d’entrepreneurs noirs, ils doivent avoir du personnel, des coachs et des mentors noirs, ainsi que des langues et des ressources adaptées aux entrepreneurs noirs », indique M. Burgesson.

Prendre sa place

Bien qu’il ait été un entrepreneur actif pendant la majeure partie de sa vie, Alfred Burgesson a parfois eu l’impression d’être isolé. « Il est parfois difficile pour les entrepreneurs d’entrer dans des espaces blancs et de s’y épanouir », confie-t-il.

Et il faut du cran pour se lancer, et pour continuer. « C’est une chose très, très difficile, et il faut avoir beaucoup de courage pour réussir dans l’entrepreneuriat. Et donc, je pense qu’une partie de cet état d’esprit est d’être capable de pénétrer des espaces où vous serez le seul », dit-il en parlant de son expérience.

Et ce fardeau ne devrait pas retomber sur les épaules de ceux qui vivent ces situations. « Si une organisation s’engage à être plus diversifiée, il est important que l’équipe prenne du recul pour reconnaître ses connaissances, ou celles qui lui font défaut. Il est important de renforcer les capacités de l’équipe existante afin de pouvoir soutenir ces nouvelles personnes qui arrivent sur votre lieu de travail », préconise M. Burgesson. Et il s’agit d’efforts constants, pas d’un simple accueil chaleureux. « Il faut le reconnaître et créer le parcours qui permettra à l’ensemble du personnel d’être mieux formé sur la manière de soutenir non seulement cette personne, mais aussi sa communauté ».

Pour plus d’idées sur comment fracasser le plafond de verre, écoutez l’épisode du Startup+Prosper « Prend ta place : la voici! » avec Alfred Burgesson.

Obtenez jusqu'à 60 000 $
d’aide financière
et le soutien de l'un
de nos 3 000 mentors.

En savoir plus →